Le 621e GAS à In Amguel
Après la découverte en vide-grenier d'un lot de négatifs que j'ai scanné, nous avons eu l'occasion de visiter les environs d'In Amguel :
https://lilianj.com/article71/essais-nucleaires-in-amguel
La seconde bobine de film est plus centrée sur le personnel du 621ème Gas.
Le 621ème GAS (Groupe d'Armes Spéciales) était une unité militaire française basée à In Amguel, au service du CEMO (Centre d’Expérimentations Militaires des Oasis). Elle assurait des missions de logistique, de sécurité et d’intendance pour les essais nucléaires français, incluant nourriture, foyers, garages, services topographiques et photographiques.
En 1964, après la dissolution du 620ème GAS, elle reprit la Batterie de Détection et Décontamination (BMDD). Le 621ème GAS a été essentiel au fonctionnement et au soutien des activités nucléaires dans cette région isolée.
Le personnel du 621ᵉ GAS provenait de diverses armes et services, notamment l'artillerie, l'infanterie, le génie, les transmissions, le train et les essences.
Les missions spécifiques du 621ᵉ GAS incluaient :
Soutien logistique : Fournir un appui logistique essentiel aux opérations du CEMO, notamment en matière de transport, de ravitaillement en carburant et de maintenance des équipements.
Sécurité : Assurer la sécurité des installations et du personnel sur la base d'In Amguel, y compris la surveillance et la protection des zones sensibles.
Maintenance et réparation : Effectuer la maintenance et les réparations des véhicules et autres équipements utilisés lors des essais nucléaires.
Bien que non affecté directement aux expériences nucléaires, le risque était bien là pour le 621 GAS... et les précautions prises :

Masque, dosimètre, combinaison étanche, bottes et gants...en tout cas, pour le personnel militaire français. Quand aux locaux...
Le personnel était quand même bien bien jeune... :

une des tortues, abri toujours en surpression, afin de pouvoir y entrer en cas de pépin... tout en laissant poussières, zébulons et radioactivité contaminantes dehors !

Recyclage avant l'heure, les restes de la base ne sont pas perdus pour tout le monde :

Des jeunes, des bungalows, chaleur, et de la bière... à votre avis, il se passe quoi ? Eh bien ceci :

sans oublier la pause tabac :

notez les casques bien français sur les armoires, probablement toujours en service actuellement (les casques, pas les armoires... quoique...) !

Une bien belle bande de joyeux drilles, qui nous feraient bien oublier cette montagne :

Peut être essaient-ils eux aussi de l'oublier un peu ? En effet, cette montagne est le Taourirt Tan Afella, située près d'In Amguel :

13 essais nucléaires souterrains y ont eu lieu ( liens wikipedia : « Agate », « Béryl », « Émeraude », « Améthyste », « Rubis », « Opale », « Turquoise », « Saphir », « Jade », « Corindon », « Tourmaline » et « Grenat »).
Lors de l'essai Béryl, le souterrain, censément étanche, a perdu son bouchon, et la radioactivité s'est répandue sur la région...
Le site est toujours interdit d'accès à ce jour, à cause de la radioactivité, et des éléments radioactifs enfouis par la suite, et qui refont surface aujourd'hui :

Bien moins sympathique cette montagne, à présent.
Et l'on ne boit peut-être pas forcément pour faire la fête...

Schmoll et Sylvie Vartan (je suppose) observent cela de loin :


Derrière la tortue vue tout à l'heure, le parc automobile, des Dodges, le matériel U.S. restant est toujours en dotation dans l'armée française :

sur la piste, près du massif :

une vue générale de la base :

Opération palmier, pour un peu d'exercice et de détente :

Vous avez déjà essayé de grimper sur un palmier vêtu d'un simple slip, vous ? Faut pas se louper, hein, ca râpe ce truc :

en tout cas, il est bien décidé :

Dodge, désert et palmier... tellement typique, et pourtant... :

ce n'était pas une villégiature :

La faune locale :

Voilà, fin de la seconde pellicule.
Ces gens étaient jeunes, la vingtaine tout au plus, engagés ou appellés, il y avait les deux au sein de cette unité.
Après l'accident nucléaire de Béryl en mai 1962, les procédures de sélection du personnel pour certaines missions ont été modifiées. Les tâches de détection et d'intervention en zones potentiellement contaminées, initialement confiées à des appelés, ont été réservées aux engagés volontaires. Ces derniers étaient spécifiquement formés et conscients des risques associés à leurs missions.
Qui étaient-ils, que sont-ils devenus... je ne sais aujourd'hui, peut être que l'un d'entre eux se reconnaîtra ? En tout cas, n'oublions pas, ils étaient jeunes et ont servi la France, menant leurs missions à bien, nous assurant une place au sein des nations nucléaires, en pleine guerre froide.
La dissuasion nucléaire, pour controversée qu'elle soit, a façonné l’équilibre du monde durant des décennies, évitant peut-être des conflits ouverts aux conséquences désastreuses.
Pourtant, derrière cette stratégie, il y avait des hommes, souvent jeunes, envoyés loin de chez eux, exposés à des conditions extrêmes et à des risques qu’ils ne mesuraient pas toujours. Leur engagement, souvent discret, mérite d’être reconnu, car ils ont participé, à leur échelle, à une page essentielle de l’histoire militaire et scientifique de la France.
A suivre...