Lilian J.
... tinkerer since 1971

Pontiac Lynx


Restauration d'un Lynx Berthiot Flor 3.5

Déniché cet été lors d'un vide-grenier, je ne l'ai eu que par chance...

En effet, je l'avais repéré de loin, hélas déjà dans les mains d'un possible acquéreur, en pleine discussion avec le vendeur... bon, je me suis dit que c'était rapé.

Pour en être sûr (sait-on jamais !), je reste dans les parages, histoire de...

Bien m'en a pris, car au bout de 5 minutes... la personne repose l'appareil... et s'en va ! Sans l'appareil

Okay, je dégaine comme Lucky Luke, et le Pontiac devient prestément mien...

Honnête, le vendeur m'a quand même prévenu qu'il ne savait ni comment ni s'il fonctionnait, qu'il n'avait pas pu l'ouvrir, et que l'objectif était difficile à dévisser.

Bref, un appareil gommé en attente de soins...

... mais carrément craquant !

Produit par la MFAP ( Manufacture Française d' Appareils Photo) et construit entre 1944 et 1950, ce Lynx II est entièrement en alu : manque d'acier durant la guerre... ce qui n'a pas dissuadé monsieur Laroche, même en pleine occupation allemande.

Il est en prime équipé d'un chouette Tessar, un Berthiot Flor 3.5, et d'un obturateur focal au 1/500ème.

Pour s'en servir, on choisit vitesse et diaphragme (par ex. en sunny16 : diaph à 16 pour 1/100ème de seconde avec du film 100 ou 125 iso).

La mise au point se fait en facade, en tournant l'objectif (que l'on oubliera bien sûr pas de déplier !). On avance le film, puis on arme, et on déclenche. Simple et efficace.

C'est un appareil prenant des photos en 3x4, il utilise des films au format 127, un peu plus rare que le 120, mais encore trouvable. Au pire, il reste possible de recouper du 120.

Cosmétiquement, il est en bon état, bien qu'un peu terne, mais surtout les rideaux sont gommés, et déréglés : à l'armement, un espace subsiste entre les barettes, ce qui voilera le film avant même que la photo ne soit prise. Et comme les rideaux sont lents, le film sera brûlé...

Bref, faut démonter, nettoyer, lubrifier et régler. C'est parti

On commence par le dessus :

On découvre alors un simple mécanisme de rideaux type Leica, très propre, et probablement jamais démonté depuis 70 ans...

Avant d'aller plus loin, il faut tout d'abord détendre les rideaux, en ôtant l'épingle de retenue des ressorts et en comptant le nombre de tours :

L'épingle devient accessible une fois la barette de maintien enlevée. On va pouvoir démonter ensuite le réglage des vitesses :

Voilà les taquets gérant l'espace entre les barettes, c'est à dire la quantité de lumière qui arrivera sur le film : plus l'espace est grand, plus il y aura de lumière (donc vitesse lente)

Les deux pignons en bas sont ceux des axes sur lesquels s'enroulent les rideaux, tendus par leurs ressorts (désarmés au tout début).

Démontage de l'armement :

Après avoir enlevé le déclencheur, la platine fait bien vide :

Il est alors temps de s'attaquer aux rideaux, que pas grand-chose ne retient :

les tambours sont juste déboités :

Les rideaux sont en bon état, ni secs ni percés malgré leur âge, c'est parfait :

Sous le capot, je nettoie le viseur :

Les pièces sont faites à la main, et les lentilles tiennent avec du papier... depuis 70 ans, quand même.

Toutes les pièces du mécanisme sont alors nettoyées, remontées et lubrifiées sans excès... ne restera plus qu'à régler.

Repérage des positions extrêmes des rideaux, pour caler l'engrènement des pignons :

l'espace entre les deux barettes, qui permet d'impressionner le film en se déplaçant :

Cinématique de l'armement : au début les barettes sont décalées, et se recouvrent au cours de l'armage :

Mais à aucun moment de l'armement elles ne doivent se séparer et laisser passer la lumière, sinon le film sera voilé. Ce n'est qu'au déclenchement que la fente calibrée apparaîtra.

Ici, c'est impeccable, il ne reste alors plus qu'à régler la tension des rideaux (3-4 tours), et c'est parfait !

Ne reste qu'à remonter le cache, et vérifier si les barettes sont bien cachées, qu'elles ne se verront pas sur la photo :

Pas de souci, on peut donc remonter tout le reste, et c'est terminé !

Maintenant, il peut poser fièrement, et faire un peu sa star...

Et même en clair-obscur :

Prochaine étape : nettoyer les lentilles au lenspen, et lui mettre une 127 dans le bidou... et prendre des photos avec !

A suivre...

Résultats ici : test : Pontiac Lynx

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