Lilian J.
... tinkerer since 1971

Une affaire de famille


Ou les petits trésors du grenier familial...

Retrouvé au grenier pour l'un et traînant dans la maison pour les autres, il m'est apparu utile de réunir ces 3 appareils, avant qu'ils ne s'évanouissent...

Il s'agit des appareils photo de famille. Celui de mon père, de ma mère et le mien z'à moi.

Bien loin d'être des merveilles de technologie ou des raretés, ils sont extrêmement ordinaires, courants, simples et bon marché... mais ce sont eux qui ont documenté la vie de mes parents, et la mienne. Ils étaient là pour les communions, mariages, sorties et occasions diverses de nous voir grandir.

Bref, cet article est l'occasion de leur rendre hommage ! Et toujours en studio chaise !

 

Commençons par celui de mon père, le plus "moderne" des trois, un Instamatic 277x :

Produit entre 1977 et les années 85, c'est un appareil ne comportant que le réglage du diaphragme (de 6.6 à 20...), un levier d'armement et le déclencheur.

Plus un slot pour y mettre les flashs Magicube (toute une époque !).

Pas de mise au point, l'objectif est un triplet Réomar fixe 6.6 / 41mm.

Il utilise du film en cartouche 126 (format 28 x 28 mm, donc) :

Hélas, ces cartouches ne sont plus produites aujourd'hui. Il est toutefois possible d'en ouvrir une, et d'y rouler du film 35mm ordinaire en lieu et place. Je n'ai pas encore essayé... pour l'instant.

Quoi qu'il en soit, son utilisation est très simple : on place la cartouche, on arme jusqu'au numéro "1" (on le voit au dos de l'appareil par une vitre, c'est écrit sur le papier protégeant le film, exactement comme du 120). On règle le diaphragme en fonction... du temps qu'il fait :

Et on appuie sur le déclencheur :

Vala, next photo !

Je me rappelle que mon père était toujours très content de se servir de cet appareil, car il s'agissait alors d'une grande occasion !

Et quand le film (ou les flashs) était fini, il me revenait à moi le rôle d'ouvrir le nouveau film, d'enlever l'ancien (pas de rembobinage), et de le remplacer.

Puis, d'armer jusqu'au 1... et de le tendre à mon père. Bref, j'étais son assistant-photographe !

Voici ce qu'il donnait, avec de la diapo :

Pas trop de lumière, mais l'ensemble, bien détaillé, se laisse voir. La distorsion n'est pas très marquée, de même pour les contrastes. Bref, un appareil passe-partout.

 

Passons maintenant à celui de ma mère :

 

Un Goldy, simple boite en bois et carton, vert ici.

Fabriqués par les établissements Goldenstein à partir de 1947, ces box simples furent un franc succcès en France.

Equipés d'un objectif à 1 seule lentille (un ménisque, donc), ils étaient destinés à un public plutôt débutant, et plutôt peu fortuné.

Autant dire l'appareil de la 1ère communion... ou du certificat d'études, cas de ma mère.

 

Au format 6 x 9 (orientable portrait/paysage), ils sont équipés de plusieurs réglages :

Un filtre, les diaphragmes, le déclencheur et ses 2 réglages : instantané au 1/50ème (en gros...) et T. Tout à gauche, le viseur paysage.

Voici le filtre vert en position (pas très courant, à priori) :

Il mange du film 120, pas de souci pour en trouver aujourd'hui. Bobine réceptrice en haut, et débitrice en bas :

Il fait bien son âge, grâce aux années et à l'humidité ! N'importe, il fonctionne correctement.

On place le film 120 (une bobine débitrice et une réceptrice), on tourne la molette jusqu'à voir le "1" dans le rond rouge au dos, on choisi le diaphragme suivant le temps (soleil ou nuages), et enfin on vise avec l'un des 2 viseurs (portrait/paysage).

Puis l'on déclenche alors avec la tirette, pas besoin d'armer. Long à expliquer, rapide à faire.

Une fois le film terminé, on rembobine et l'on apporte à développer. En s'appliquant un peu, on peut obtenir ceci :

Photo effectivement prise par ce Goldy. J'ai bien sûr ajusté les niveaux, le négatif datant des années 50, mais c'est tout.

Le centre est net, et très vite, dès que l'on s'en éloigne, cela devient vite flou. Ce n'est pas forcément un défaut : pour les portraits comme ici, c'est parfait. Même avec un appareil type box, l'on voit qu'il est possible de bien centrer, et de sortir des chouettes photos.

 

Pour finir, le mien :

Un Kodak Ektar 100, datant des années 80, extrêmement simple. Viseur, un poussoir d'avance pour le film, un bouton pour déclencher. Une prise pour la plaquette flash. Et c'est tout. Ah si, la porte arrière et le couvercle-poignée.

Aucun réglage, un objectif Kodar 22mm, le film est du 110 en cartouche (plus produit) pour un format de 13 x 17.

Sur le dessus, une prise pour les flip-flash :

Le logement du film 110 (j'aurais dû faire les poussières !) :

Ou l'on retrouve le fonctionnement de l'instamatic ci-dessus (avancer jusqu'à la vue "1", etc.). Bref, ultra-simple.

Pratique à tenir avec sa poignée qui le protège bien une fois repliée. Et, me concernant, il fallait bien cela.

Malheureusement, pas de photos à montrer, je n'ai pas les archives ici. Ceci étant, pour se faire une idée de ses performances, on pourra consulter cette page : https://www.lomography.com/magazine/32059-kodak-ektra-100

J'ai obtenu le même genre d'images, globalement ok, mais pas de piqué, un peu de flare et pas ultra-contrastées. Mais cela reste du 110, what did you expect ? :)

Et enfin, la photo de famille :

De l'après-guerre aux années 80-90 (Miami Vice, Cure,...) ces 3 appareils réunissent 3 génération d'utilisateurs, chacun avec des besoins différents, des époques différentes, des technologies différentes.

Une chose est à noter, deux sont des Kodak : récents, plastifiés, simplifiés... et utilisant des films aux formats propriétaires. Devenus introuvables. Arf.

Le seul appareil français, le plus simple (en carton !) avec son ménisque (mais avec le plus de réglages !) utilise le film au format 120, qui reste aujourd'hui encore très répandu,  facilement trouvable. Et il sortait de très belle images. Et il en sortira d'autres...

Comme quoi, la technique...

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