Lilian J.
... tinkerer since 1971

Kodak Retinette


Remise en route d'une Retinette de 1939

Trouvée lors d'un vide-grenier tout pluvieux, et au fin fond d'un seau bien humide ! Plantons le décor...

Vide-grenier situé le long du canal saint Martin, à Rennes. 3500 exposants, 200 000 visiteurs, ce n'est peut-être pas Lille, mais quand même... vous imaginez bien que je ne le louperais pour rien au monde !

Bref, je descends le canal, et fouine dans les étals à gauche de la photo ci-dessus, et sors cette petite chose de son seau :

Pas très reluisante cette caméra (et encore, là, elle est séche !), bien bien vécu, usé, le cuir s'en va... c'est un brol !

Ouverture de la porte :

Bon, l'intérieur semble vaguement propre et ok, la porte s'ouvre, il y a même un objectif ! Et il n'est ni rayé, ni champignonné ! On va pouvoir peut-être en faire quelque chose de ce petit triplet...

Cet appareil date de 1939, donc bientôt 80 ans, quand même !

Un petit mot sur ces appareils : bien que signés Kodak, ils furent en fait fabriqués en Allemagne (à Stuttgart), par Nagel Kamera-Werke, fondée par le docteur Nagel. Ainsi, une joint-venture fut mise en place, et Kodak vendit des appareils de qualité allemande. Autant dire du sérieux, et même l'optique est allemande : Schneider Kreuznach.

Bon, tournevis, et j'arrache le haut, histoire de voir dessous.

Poussiéreux, sec, mais ni humide ni cassé ni rouillé. C'est du tout bon ! Il n'y a plus qu'à démonter l'ensemble :

Le compteur de vues est dehors :

Je continue avec le reste, ici la tige du déclencheur :

la commande avance/rembobinage :

Je sors ensuite le bras arrêtoir d'avance :

 

et sa roue dentée (noter le sens des dents) :

rondelle intercalaire (idem, noter le sens) :

Puis c'est au tour de la roue d'avance du comptage :

 

 

Il faut enlever le pignon de droite :

Ainsi, l'axe du tambour entraîneur est alors démonté, avec le tambour :

 

La platine est alors totalement vide, et facile à nettoyer :

Une bonne séance de nettoyage s'ensuit, à base d'essence, de savon et de chiffon, bref, le grand ménage... et il y en avait grand besoin !

Une fois propres et correctement lubrifiés, les éléments sont remis en place :

Bien moins de poussière qu'au début...

Ressort :

Il est alors temps de s'occuper un peu de la porte, bien rouillée, et dont la cuirette restante se décolle :

Je finis de la décoller, histoire de voir en-dessous :

Sous le cuir, la rouille court...

N'ayant pas de solution immédiate pour le cuir, je l'ai enlevé et mis de côté, puis poncé soigneusement et repeint la porte, afin d'arrêter l'oxydation.

C'est d'ailleurs la seule partie que j'ai repeint, toutes les autres pièces seront juste lavées, et rien d'autre.

Le but n'est pas d'en faire un appareil neuf (ce qu'il n'est pas), et il me semble bien de lui laisser son vécu :

La porte passe, même si elle fait neuve... on verra si je trouve une épave avec un cuir correct.

Quand au reste, il a gardé tout son cachet d'époque, ce qui lui confère un charme certain :

 

 

Sur béquille, le soufflet apparaît, et il est en bon état :

 

Voilà, il fonctionne bien, l'obturateur n'a eu besoin que d'un petit nettoyage et graissage, strictement rien d'autre à faire...

Vous vous doutez du reste, comme il est révisé, fonctionne et est réglé, j'ai mis du FP4 dedans (c'est quand même étonnant d'acheter du film la semaine dernière et d'en charger sans souci une caméra de 80 ans avec....), et suis parti en ballade pour l'essayer :

Prêt à faire feu ! La dernière fois, c'était... pfou...

Et les résultats sont à découvrir ici :

test retinette 160

 

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